Date de mise en ligne : 27/10/2006
|
|
|
202 Votes |
| Voter ! |
Le mercredi 11 octobre un peu avant midi, un train régional luxembourgeois et un train de marchandise français sont entrés en collision. Le choc frontal entre les deux convois a fait six morts, un bilan que l'on pourrait qualifier de léger au regard des circonstances.
Il est maintenant acquis que sur cette portion de voie ferrée en travaux où la circulation devait s'effectuer de manière alternée, une faute humaine est à l'origine de l'accident. Du côté luxembourgeois, un contrôleur a donné son aval à la circulation du train de voyageurs sans avoir préalablement vérifié que la voie était libre du côté français.
Quand il s'est rendu compte de son erreur, le préposé luxembourgeois a tenté de faire arrêter le train, mais en vain. L'accident s'est finalement produit du côté français à quelques kilomètres seulement du Luxembourg. Le plan rouge et le plan blanc ont été aussitôt déclenchés par le préfet sur recommandation du chef du SDIS. Les opérations de secours ont mobilisé près d'une centaine de sauveteurs, pompiers, gendarmes et SAMU. Un hélicoptère du SAMU a également effectué des évacuations sanitaires.
Les opérations de dégagement et extraction des victimes ont été particulièrement difficiles du fait de l'enchevêtrement des voitures de tête. De fait, les pompiers n'ont pu accéder à la dernière victime que prés de 12 heures après l'accident. Le nombre de morts annoncé initialement par les médias, " une douzaine au minimum " a aussitôt provoqué le déplacement du Premier ministre, du ministre des Transports et de la directrice de la SNCF. La raison invoquée pour justifier le déplacement est d'assurer les victimes et leurs proches du soutien des autorités dans ces circonstances difficiles. Il faut toutefois remarquer que cet exercice de compassion médiatique met une pression et du travail supplémentaires sur les épaules de responsables départementaux comme le chef du SDIS et le commandant du groupement de gendarmerie départementale. Ce dont ils n'ont vraiment pas besoin en période de crise.
Les procédures judiciaires ont aussitôt été enclenchées des deux côtés de la frontière. En France comme au Luxembourg, ce sont à la fois une enquête technique et une information judiciaire pour homicides et blessures involontaires qui vont être menées par les autorités compétentes. Le fait que les boîtes noires des deux trains aient été retrouvées va faciliter les investigations, mais les enquêtes liées à des accidents de ce style – et les accidents de transport d'une manière générale – sont généralement longues et difficiles.
Gaël Marchand
Flash info |
