Date de mise en ligne : 23/01/2012
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Pour lutter contre les projet de loi SOPA (Stop online piracy act) et PIPA (protect IP act), plusieurs sites américains ont participé à un black-out du web mercredi dernier. Le plus emblématique d'entre eux, Wikipedia, a fermé les portes de sa version anglophone pendant 24 heures. Qu'est-ce que SOPA ? Une loi taillée sur mesure pour les lobbies des industries culturelles, censée enrayer le piratage des œuvres et leur faire retrouver joie, croissance et prospérité jusqu'à épuisement du porte-monnaie des consommateurs. Objectif presque louable, mais les moyens employés pour faire respecter la loi, à laquelle Barack Obama lui-même est opposé, posent de sérieux problèmes qu'un mot définit parfaitement : censure...
Sans entrer dans les détails du projet de loi, disons pour faire simple qu'il prévoit que tout site hébergeant des contenus illégaux ou renvoyant par un lien vers des contenus illégaux est susceptible d'être bloqué par les fournisseurs d'accès, de voir ses revenus publicitaires coupés et d'être blacklisté par les principaux moteurs de recherche (voir l'article publié par Abondance en décembre 2011). Face à cette censure d'Etat, les grands acteurs du Web (Google, Facebook, Wikipedia, Twitter, Yahoo, Mozilla...) se sont mobilisés et ont dès début janvier menacé d'un black-out. Ce black-out a bien eu lieu, mercredi 18 janvier. La Wikipedia anglophone affichait une page noire et quelques mots d'explication, introduits par "Imagine a World without Free Knowledge" (Imaginez un monde sans connaissance libre). Google a masqué son logo de page d'accueil d'un rectangle noir. En France, la Quadrature du Net, en première ligne contre Hadopi ces dernières années, a également pris part au black out. Guillaume Ledit a illustré un article paru sur Owni par un florilège de copies d'écrans de sites ayant participé à l'opération (voir également la sélection de 20Minutes.fr, qui comprend notamment la page d'accueil de Wired).
La mobilisation semble avoir payé et de nombreux parlementaires américains sont sur le point de retourner leur veste. L'internet libre et ouvert a donc gagné. A moins que ce ne soit que le lobby du Net qui ait réussi à peser plus lourd que celui de la musique et du cinéma...
A lire également :
- "Black-out et empathie", Olivier Ertzscheid, Affordance.
- Très important : "En quoi SOPA nuira à la liberté du web et de Wikipédia ?", à lire absolument sur le site de Wikimedia France.
- "Lois Pipa et Sopa : les géants du Web feront-ils céder le Congrès US ?", Sophie Rozwadowski, Rue89.
- Série d'articles très clairs et pédagogiques sur 20Minutes.fr, en particulier : "Etats-Unis : Pourquoi les acteurs de l'Internet s'unissent contre un projet de loi antipiratage", Philippe Berry et "Les lois anti-piratage Sopa et Pipa perdent des soutiens au Sénat", Anaëlle Grondin.
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